À l’occasion du 60e anniversaire de la nationalisation des mines, le ministre des Mines et de l’Industrie minière, Mourad Hanifi, a inauguré une unité industrielle de transformation de dolomite dans la commune d’Ouled Hamla, wilaya de Oum El Bouaghi.Au-delà de la portée symbolique de cette commémoration, l’événement traduit surtout l’évolution de la politique minière algérienne vers davantage de transformation locale et de création de valeur industrielle.
Un projet orienté vers l’industrie de transformation
Le projet s’inscrit dans le développement du gisement de dolomite de Tioult, dont les réserves géologiques sont estimées à plus de 43 millions de tonnes, dont près de 35 millions exploitables. L’unité repose sur une exploitation à ciel ouvert avec une capacité annuelle estimée à 100 000 tonnes de dolomite micronisée et calcinée.La production sera destinée à plusieurs secteurs industriels stratégiques, notamment la sidérurgie, l’industrie du verre, les engrais et les matériaux de construction. Cette orientation confirme la volonté des pouvoirs publics de réduire la dépendance aux importations tout en consolidant les chaînes de valeur locales.
Une logique de diversification économique
Dans son intervention, le ministre a rappelé que la stratégie actuelle du secteur ne se limite plus à l’extraction minière, mais vise désormais l’intégration industrielle complète, de l’amont vers l’aval.
Cette approche s’inscrit dans une politique nationale de diversification économique fondée sur la valorisation des ressources naturelles, la montée en gamme industrielle et le développement du contenu local.
La création d’un ministère dédié aux Mines et à l’Industrie minière illustre d’ailleurs cette nouvelle orientation stratégique, centrée sur l’accélération des projets structurants et l’attraction des investissements.
Des retombées économiques attendues
Le projet devrait permettre la création d’au moins 120 emplois directs, avec des perspectives de retombées économiques importantes pour la région. Au-delà de l’emploi, les autorités misent sur l’émergence d’un tissu industriel local capable d’alimenter plusieurs filières nationales.
Cette dynamique intervient dans un contexte marqué par la relance de grands projets miniers, notamment ceux de Gara Djebilet, du phosphate intégré ou encore du projet Tala Hamza–Oued Amizour.
L’enjeu de la transformation locale
L’inauguration de cette unité de dolomite reflète une évolution plus large de la politique économique nationale : transformer localement les ressources minières afin de maximiser leur valeur ajoutée avant exportation ou consommation industrielle.
Pour les observateurs économiques, cette orientation pourrait contribuer à renforcer l’intégration industrielle, soutenir les exportations hors hydrocarbures et créer de nouvelles opportunités d’investissement dans les industries intermédiaires et manufacturières.
La visite ministérielle s’est achevée par une opération symbolique de reboisement autour du site industriel, illustrant la volonté d’intégrer les dimensions environnementales et de développement durable dans les futurs projets miniers.
