L’analyse de l’expert Chaabane (FINABI) publiée sur LinkedIn pointe un paradoxe inquiétant dans la stratégie des banques privées.
Entre 2018 et 2023, dix banques privées en Algérie ont versé 135,19 milliards de dinars de dividendes (plus d’un milliard de dollars), soit près de la moitié de leur performance cumulée estimée à environ 290 milliards de dinars.
Mais selon l’expert Chaabane, auteur d’une analyse publiée sur son réseau LinkedIn, cette manne cache un déséquilibre structurel : « Le secteur envoie un message ambigu : dividendes record d’un côté, recapitalisations lourdes de l’autre ».
Certaines banques affichent des taux de distribution exceptionnels : TRUST (84,1 %), CITI (74,5 %), El Baraka (64,4 %), SGA (53,5 %) et BNP (46,9 %), avec en tête CITI (30,7 Mds DA), SGA (19,2 Mds), TRUST (15,9 Mds), El Baraka (15,5 Mds) et BNP (15,5 Mds).
En parallèle, toutes ont dû se conformer au règlement prudentiel de 2018 imposant une augmentation de capital de 10 milliards de dinars. Pour certaines, l’effort a largement dépassé leurs capacités d’autofinancement. C’est le cas de FRANSA Banque (augmentation représentant 181 % de sa performance) et d’ARAB Banque (+102 %), qui ont dû recourir massivement à leurs actionnaires. ABC Bank a, pour sa part, préservé difficilement son équilibre.
Selon Chaabane, la résilience interne du secteur est faible : hors recapitalisations, les réserves du privé n’absorbent que 6,8 % de la performance. « Distribuer 135 milliards à court terme alors que certaines banques consomment leurs résultats et épuisent leurs réserves, ce n’est pas une stratégie durable », avertit-il.
L’expert recommande l’instauration d’un corridor discipliné de distribution des dividendes (40–60 %), un capital planning pluriannuel aligné sur la croissance des risques, ainsi qu’un arrêt des ponctions de réserves en phase de tension : « Les injections de capital ne doivent plus être des rustines, mais le fruit d’un trajet balisé ».
