Le ministère du Commerce extérieur impose à tous les opérateurs économiques, y compris les nouveaux investisseurs et porteurs de projets industriels en cours de réalisation, de transmettre leur programme prévisionnel d’importation (PPI) pour le second semestre 2025 avant le 20 août, sous peine de blocage des opérations.
Instaurée le 9 juillet avec effet rétroactif au 1er juillet, cette obligation conditionne toute domiciliation bancaire d’importations. Le dépôt, exclusivement par e-mail (pp.aapi@mcepe.gov.dz), doit comprendre le PPI dûment rempli, une attestation AAPI valide et la liste des biens et services éligibles aux avantages fiscaux ou douaniers.
Après les perturbations enregistrées début juillet, le ministère a assoupli la procédure en supprimant l’obligation de visa des autres ministères, prolongé le délai initial au 15 août et débloqué, le 3 août, toutes les marchandises retenues dans les ports.
La directive de l’ABEF
Le 12 août 2025, l’Association des banques et établissements financiers (ABEF) a diffusé une directive qui modifie en profondeur les règles d’accès au financement des importations en Algérie.
Désormais, toute entreprise importatrice devra domicilier son programme prévisionnel d’importation (PPI) auprès d’une seule banque. Une mesure qui vise à renforcer le contrôle des flux financiers liés au commerce extérieur. Seules les grandes entreprises pourront continuer à travailler avec plusieurs établissements bancaires, mais à condition d’en faire la demande officielle et de la justifier auprès du ministère du Commerce extérieur.
Une contrainte majeure pour les PME
Jusqu’ici, la plupart des importateurs répartissaient leurs opérations entre plusieurs banques, afin de diversifier leurs sources de financement, réduire leur dépendance à un seul établissement et profiter de la concurrence pour obtenir de meilleures conditions. Avec la nouvelle directive, cette souplesse disparaît. Selon des experts, les petites et moyennes entreprises (PME) verront , leurs plafonds de financement dépendre d’un seul établissement ;leur marge de négociation fortement réduite et, en cas de problème administratif ou technique dans leur banque, leurs importations totalement bloquées.
Le statut de “grande entreprise”
Pour être reconnue comme grande entreprise et conserver un pool bancaire, une société doit remplir l’un des critères économique à savoir employer plus de 250 salariés et réaliser un chiffre d’affaires annuel supérieur à 2 milliards DA ; et selon le critère fiscal (DGI/DGE) : afficher un chiffre d’affaires annuel supérieur à 500 millions DA (dans les faits, plutôt 1 milliard DA pour un suivi effectif par la Direction des grandes entreprises).
